Ça sent le mannequin ! Musée BOURDELLE – PARIS

MONTPARNASSE, Musée BOURDELLE, l’occasion de comprendre cette expression inconnue. Réservez aux moins deux heures, plus s’il fait beau temps car vous voudrez vous attarder dans les jardins.

La première découverte, un mannequin articulé grandeur nature, début dix-huitième. Là on comprend : pour peindre les plis des étoffes, le tombé des vêtements les artistes habillaient des mannequins. Je ne m’étais jamais posé la question, mais c’est évident : oui, le croquis et le modèle vivant sont insuffisant pour les grandes toiles en costume.

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Mannequin en bois et articulations de métal datant de 1810 © Comune di Bergamo – Accademia Carrara

Seulement voilà, et c’est la deuxième découverte, les peintres d’atelier, enchainant les œuvres décoratives, se passaient de modèle vivant. Le dessin d’après nature se limitait aux visages. Une toile de Thomas GAINSBOROUGH : Heneage LOYD et sa sœur Lucy (1750) nous confronte à cette médiocre réalité. Deux poupées, figées, empruntées.., on est face à la créature de ROSWELL et son frère.

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Heneage LIoyd et sa sœur Lucy, vers 1750 – © Fitzwilliam Museum, Cambridge

« Ça sent le mannequin », l’opposition entre peintre d’atelier – dont on apprend dans l’exposition qu’ils peignaient la végétation à partir de feuille d’artichauts – et peintre sur le motif ne date pas de l’école de BARBIZON. Claude-Henri WATELET (1718-86) fustige, dans le chapitre consacré à la « draperie » de son dictionnaire des Arts, les utilisateurs d’artifices. Il souligne : « l’étoffe, étudiée sur le mannequin est bien plus terminée que le reste du tableau ».

Le parcours continu autour d’une toile de George MOREAU de TOUR, « Les fascinés de la Charité » (1889), ébloui par les révélations précédentes, j’ai loupé le coche. Après s’enchainent KOKOSCHKA, Hans BELLMER, CHIRICO, Man RAY, DALI …

@ Georges Moreau de Tours. Photographe: Garitan – CC wikimedia-commons –Musée des Beaux-arts de la Ville de Reims.

On passe vite pour être stoppé net par PASCAL et PASCALINE les mannequins de présentation d’Elsa SCHIAPARELLY, la maison de couture de la place VENDOME. Ils ont été, fabriqués par SENNELIER, le marchand de couleur du quai VOLTAIRE. Le trouble est total : les bustes sont androgynes. PASCAL, le (la) plus grand(e) a une tête féminine bouclée et un bassin large. PASCALINE la (le) plus petit(e) associe un visage de garçonnet, une tête chauve à des hanches droites.

Pascal et Pascaline
Pascal et Pascaline

L’émotion ne vous quittera plus jusqu’à ce que vous décompressiez dans les jardins du musée ou que vous rejoigniez la terrasse du SELECT. Le CHABLIS de chez LAROCHE y est parfait.

le sélect
Terrasse du Sélect @ seemegrowround.wordpress.com

Exposition « Mannequin d’artiste, mannequin fétiche » jusqu’au 12 juillet 2015 au musée BOURDELLE – 18, rue Antoine BOURDELLE ; PARIS 15eme – Métro MONTPARNASSE.


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